Les légendes
Au Dreamtime, les oiseaux étaient des êtres humains, ils portaient toujours sur eux les quelques objets qu'ils possédaient. Le Giddabush (l'oiseau à longue queue en langue aborigène) était le joueur de didgeridoo. Il avait toujours sur lui son instrument, et lorsqu'il n'en jouait pas, il se le ficelait sur les hanches. Il était toujours accompagné de la pie-grièche (le chanteur et joueur de clap sticks) et de la pie alouette australienne (le danseur). Tous trois en jouant, chantant et dansant donnèrent un nom à toutes les choses qui de ce fait, furent créées : les montagnes, les arbres, l'herbe, les animaux et le hommes... Une fois le monde créé, ils ont transmis aux hommes le didgeridoo, les clap sticks, les chants et les danses. Depuis ce temps-là, tout s'est transmis de génération en génération.
Un des grands ancêtres à l'époque du Dreamtime, Bur Buk Bonn, voulut donner le feu aux hommes. Il ramassa des branches et les alluma. Remarquant dans les flammes une branche creuse où vivaient une colonie de termites, il la sortit du brasier. Il souffla dans la cavité pour expulser les insectes du bois incandescent et pouvoir ainsi les sauver. Son souffle produisit dans la branche un son magnifique et profond. Le didgeridoo était né. Et les termites, propulsés dans le ciel, allèrent créer les étoiles.
Il y a longtemps, les hommes d'une tribu, cherchant de la nourriture dans la brousse, découvrirent que des petits animaux se cachaient dans les troncs creux. Donc en secouant ces derniers, ils purent les faire sortir et les attraper. Un jour, un homme de la tribu souffla dans une grosse branche creuse pour en faire sortir les termites et fut agréablement surpris du son qui en sortit. Il continua de souffler. Lorsqu'il regarda autour de lui, il vit ses compagnons danser et applaudir au rythme du son. Depuis lors, le didgeridoo trouva sa place dans les chants et danses de la tribu. Un raz de marée était annoncé sur une côte australienne. La population fuyait affolée, mais des Aborigènes ne voulurent pas céder à la panique. Ils firent passer le message entre populations aborigènes de la région : chacun devait venir avec son didgeridoo. Quand l'immense vague apparut à l'horizon, ils étaient plusieurs centaines de joueurs, alignés sur le rivage, leurs didgeridoo tournés vers la mer. La muraille d'eau s'approchait. Soudain une clameur gigantesque s'éleva de tous les didgeridoo jouant ensemble. La vague sembla ralentir sa progression. Elle s'immobilisa et parut hésiter, toujours menaçante. Enfin elle repartit lentement vers la haute mer, puis disparut.

Les femmes d'une tribu étaient sorties ramasser et empiler du bois pour le feu. Une branche morte était creuse, mais elles ne le savaient pas à ce moment-là. Quand le vent commença à souffler dans la journée, un son étrange fut entendu. Les membres de la tribu cherchèrent d'où venait ce bruit et découvrirent qu'il sortait de cette branche creuse. Ils pensèrent que si le vent faisait un son pareil à travers une branche creuse, ils pouvaient le reproduire eux aussi...
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